Amphorologie

L'amphorologie regroupe la totalité des études et techniques d'études des amphores, dans l'objectif de perfectionner au travers d'elles la connaissance archéologique.


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Discipline de l'archéologie

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  • ... électronique du «Bulletin Amphorologique» édité dans la Revue des études grecques.... une publication relative aux amphores ou aux timbres amphoriques, ... Des normes pour la publication des timbres amphoriques et une liste... (source : amphoreus)
Amphore du type Dressel 1B
Légende : 1 : lèvre - 2 : col - 3 : anse - 4 : épaule - 5 : panse - 6 : pilon ou pied

L'amphorologie regroupe la totalité des études et techniques d'études des amphores, dans l'objectif de perfectionner au travers d'elles la connaissance archéologique. En effet, les amphores étaient, d'une part, particulièrement beaucoup utilisées dans l'antiquité, car c'était «le récipient par excellence pour le transport des huiles, vins, saumures, poissons et autres préparations». D'autre part, elle forment un témoignage de la vie économique de leur époque, tout en présentant un grand intérêt tant sur le plan céramologique que chronologique[1].

L'analyse et la connaissance de plus en plus poussée qu'on a des «timbres amphoriques», cachets apposés sur de nombreuses amphores, probablement dans un but de contrôle officiel, a permis de faire progresser énormément l'amphorologie, tant en ce qui concerne l'origine des amphores que leur datation précise.

Généralités

C'est le caractère jetable des amphores qui fait leur valeur archéologique pour l'amphorologie : sauf réemploi dans une maçonnerie ou exception, une amphore n'était pas réutilisée à une période différente de celle de sa fabrication et de sa consommation. Objets de céramique, les tessons d'amphores sont presque indestructibles. Par des analyses chimiques, il est envisageable de retrouver leur lieu de fabrication. La reconstitution de l'histoire de l'évolution des formes d'amphores a débouché sur des classements typologiques qui correspondent aussi à une chronologie. À la forme des amphores, il faut ajouter d'autres éléments de typologie : des sceaux, nommés timbres amphoriques, gravés dans l'argile ou des gravures ou encore des marques peintes. Ainsi les amphores portant la marque Sestius furent produites vers Cosa en Étrurie romaine et exportées vers la Gaule du Sud à l'époque de Cicéron.

La substitution progressive du tonneau aux amphores à partir du IIIe siècle de notre ère fit quelquefois disparaître une source précieuse pour l'écriture de l'histoire économique de l'antiquité. Néanmoins l'usage des amphores fut poursuivi à l'époque tardive, au dernier siècle de l'empire romain ainsi qu'aux premiers de l'empire byzantin, surtout dans le bassin oriental de la Méditerranée. L'étude de ces amphores est assez récente et s'est construite à partir des travaux de John Riley qui a défini, au début des années 1980, sept types d'amphores romaines tardives : Late Roman Amphoras (LRA1 à 7). Ces amphores tardives ont servi, dans leur grande majorité, à contenir du vin, leur étude attestant du dynamisme de ce commerce à cette époque et de son organisation autour de Constantinople et du commerce maritime. Si les zones de production sont de mieux en mieux identifiées et si la recherche a mis en évidence des phénomènes d'imitation, l'étude des amphores tardives en est toujours beaucoup à ses débuts[2].

Typologie des amphores

Amphores grecques

Les amphores grecques sont de plusieurs types :

Amphores d'époque romaine

À partir d'un tesson d'amphore un archéologue peut dater, à quelques décennies près fréquemment mais quelquefois énormément plus exactement, la couche stratigraphique où le tesson a été retrouvé, ou encore l'épave du navire qui les contenait. Ainsi les amphores d'époque romaine portent des noms et une numérotation qui permettent aux archéologues de les retrouver dans la typologie et de les dater. Ces noms renvoient fréquemment aux savants qui ont établi la chronologie (Dressel, Pascual) ou à l'origine de l'amphore (Gauloise). Les amphores Dressel 1a et 1b sont typiques des amphores vinaires de la fin de la république romaine, mais aussi les amphores dites de type Dressel 2-4, qui remontent à la fin de la République romaine ainsi qu'aux débuts de l'Empire[5]. La Gauloise 4 est une amphore à fond plat qui correspond à l'essor du commerce du vin gaulois. Les amphores Dressel 20 correspondent à des amphores à huile.

Timbres amphoriques

Généralités

Les «timbres amphoriques» sont une marque apposée sur certaines amphores de certaines cités. Sur ce timbre, on peut trouver différentes informations : la provenance de l'amphore, des noms propres, symboles ou emblèmes, le mois et l'année, la magistrature[6]....

On parle de «timbre», car les timbres amphoriques étaient obtenus grâce à des matrices (aujourd'hui disparues) apposées sur l'argile crue des amphores, avant leur cuisson. Ils ont fait l'objet de publications qui les répertorient, selon des normes précises, pour en permettre l'étude [7].

Au sein de l'amphorologie, l'étude des timbres amphoriques forme de plus en plus une discipline différente de l'étude des amphores elle-même. En effet, cette dernière porte sur des sources le plus souvent muettes, et cherche principalement à rendre compte de la circulation des marchandises dans le monde antique, ainsi qu'à apporter des éléments de datation. Par contre, l'étude des timbres amphoriques, qui exploite des documents écrits et figurés, peut parvenir aux mêmes objectifs avec une précision toujours accrue, tout en permettant d'acquérir des connaissances originales sur l'organisation politique, économique et sociale des cités antiques, ou alors sur leur vie religieuse et artistique[8].

Un travail fondateur a été réalisé par l'Américaine Virginia R. Grace, qui a rassemblé à l'American School of Classical Studies at Athens une documentation extrêmement importante, comprenant quelque 150 000 amphores et fragments d'amphores, la majorité avec leur timbre. Leur entreposage et leur exploitation a été entrepris par un projet nord-américain, AMPHORAS, animé par C. Kœhler, de l'Université de Maryland, Baltimore, et Ph. Matheson, de l'Université de Toronto[1].

Les timbres amphoriques grecs

La collecte de timbres amphoriques grecs a commencé en Mer Noire dès la première moitié du XIXe siècle ; mais ce n'est que peu avant le milieu du XXe siècle que cette étude cesse d'être l'initiative de quelques érudits pour devenir une véritable spécialité, avec Boris Nikolævič Grakov et Virginia Grace[9].

En Union des républiques socialistes soviétiques, Boris Grakov réunit, avant 1955, quelques 32 000 timbres amphoriques, tandis que l'Américaine Virginia Grace procède à une étude systématique du timbrage, de ses caractéristiques et de sa finalité. Elle à pour but de la datation des amphores, surtout les séries rhodienne, cnidienne et thasienne[9]. t Au cours des années 1980, on a pu déterminer qu'entre le IVe siècle av. J. -C. et le Ie siècle av. J. -C. le plus fréquemment, une trentaine de cités grecques eurent coutume de timbrer une partie (et non pas toutes toujours) de leurs amphores, soit sur l'une des anses, soit quelquefois sur le col (rarement ailleurs), au moyen d'un cachet. L'étude de plus en plus spécialisée et méthodique de ces timbres a constitué une sources de progrès énorme de la connaissance des amphores grecques.

Les timbres amphoriques grecs, particulièrement variables, peuvent comporter toutes sortes d'indications[10] :

Les spécialistes de l'amphorologie se sont appliqués, sur ces bases, à établir les lieux de fabrications des amphores, à comprendre le contenu des inscriptions amphoriques contenues dans les timbres, ainsi qu'à dater les amphores. Pour ce dernier travail, le nom des fabricants, et le nom des magistrats en activité à cette date, sont spécifiquement précieux, dans la mesure où ils permettent fréquemment une datation précise à une dizaine d'années près.

Plus il y a peu de temps, l'amphorologie grecque a fait des progrès énormes grâce à la recherche des ateliers à l'origine de la production des amphores, en s'attachant tout spécifiquement à l'étude de leurs «dépotoirs» (les lieux où ils se débarrassaient des rebuts), car ceux-ci permettent d'avoir une vue exhaustive de leur production. On a pu ainsi compléter la connaissance de la production de grands centres de production comme Mendé, et constater qu'une bonne cinquantaine de villes grecques — sensiblement plus qu'on ne le pensait auparavant — produisaient des amphores[12].

L'analyse des timbres amphoriques grecs a fait actuellement des progrès suffisants pour qu'on puisse avoir une bonne idée de leur finalité : il s'agissait certainement de marques officielles, apposées probablement à l'initiative des magistrats des cités grecques, qui permettaient aux vérificateurs de s'assurer non du contenu, mais du contenant[13]. Une partie des amphores uniquement étant timbrées, on peut supposer que cette vérification de capacité des amphores ne s'effectuait pas sur la totalité de la production, mais uniquement sur des échantillons prélevés au hasard dans la chaîne de production. La vérification avant la cuisson avait cependant des inconvénients, étant donné que le passage au four changeait obligatoirement le volume de l'amphore. Probablement cette réduction de volume était-elle estimée[14].

Amphorologie et connaissance de l'histoire économique

L'un des apports originaux de l'amphorologie est sa contribution à la connaissance ainsi qu'à la compréhension des flux commerciaux et de l'histoire économique des civilisations et pays concernés. Cette compréhension est d'ailleurs au cœur des objectifs de l'amphorologie dans son ensemble[15], au travers de la connaissance des lieux de production et de la circulation des amphores.

Ainsi, reporter les trouvailles du même type d'amphore sur une carte peut alors permettre de retracer — si les trouvailles sont assez nombreuses — des flux commerciaux.

Annexes

Références

  1. Amphorologie sur Bibliotheca Classica Selecta. Consulté le 17 décembre 2009
  2. Dominique Pieri, «Les Centres de production d'amphore en Méditerranée orientale durant l'Antiquité tardive». Consulté le 17 décembre 2009
  3. Fiche d'une amphore nicosthénienne sur le site du Louvre
  4. Fiche d'une amphore panathénaïque sur le site du Louvre
  5. Typologie d'amphores romaines par une méthode logique de classification. Consulté le 17 décembre 2009
  6. LEXIQUE sur logos. muthos. free. fr. Consulté le 17 décembre 2009
  7. Normes de publication des timbres amphoriques sur AMPHOREUS. Consulté le 17décembre 2009
  8. Analyse et exploitation des timbres amphoriques grecs sur École française d'Athènes. Consulté le 17 décembre 2009
  9. Yvon Garlan, «L'amphorologie grecque : une spécialité archéologique en voie de développement» sur patabs2. org. Consulté le 21 décembre 2009, p. 2
  10. Yvon Garlan, «L'amphorologie grecque : une spécialité archéologique en voie de développement» sur patabs2. org. Consulté le 21 décembre 2009, p. 3
  11. Yvon Garlan, «L'amphorologie grecque : une spécialité archéologique en voie de développement» sur patabs2. org. Consulté le 21 décembre 2009, p. 7
  12. Yvon Garlan, «L'amphorologie grecque : une spécialité archéologique en voie de développement» sur patabs2. org. Consulté le 21 décembre 2009, p. 5
  13. Yvon Garlan, «L'amphorologie grecque : une spécialité archéologique en voie de développement» sur patabs2. org. Consulté le 21 décembre 2009, p. 9
  14. Roland Étienne, Christel Müller, Francis Prost, Archéologie historique de la Grèce antique, Ellipses, 2006, p. 187
  15. Yvon Garlan, «Céramiques hellénistiques et romaines, Partie 2». Consulté le 17 décembre 2009

Bibliographie

Liens externes

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