Art des Andes centrales

L'art des Andes centrales est la production artistique qui a lieu au Pérou et en Bolivie avant l'arrivée des européens.


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Pérou - Art précolombien

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  • ... ancien on étudiera les cultures de Chavin (andes centrales) et celle de Paracas (cote Sud)... L'art particulièrement spécifique de la culture Chavín s'exprime dans ... les uns sur les autres pour former un ballot de forme conique, le fardo.... (source : atthalin)
  • La culture de la coca revêtait une importance spécifique pour les ... L'art inca symbolise l'influence des civilisations antérieures tant dans ... des Andes centrales généralement qui s'épanouit durant plusieurs siècles.... alors que la céramique a connu une forte influence des cultures Chavin, Paracas et Huari.... (source : altine)
  • ... Art of the Central Andes : Chavin culture, Paracas, Nazca and Recuay.... where the graves are in the form of fat-bellied bottles and Paracas... (source : vinkle)

L'art des Andes centrales est la production artistique qui a lieu au Pérou et en Bolivie avant l'arrivée des européens.

Chronologie

On peut diviser la période précolombienne dans les Andes centrales (Bolivie et Pérou) de nombreuses manières. Celle-ci est l'une des plus habituelles, elle comporte une succession d'Époques et d'Horizons. Logiquement, les périodes d'intégration, ou Horizons, correspondent à la diffusion des mêmes formes et quelquefois des mêmes techniques sur un vaste territoire, tandis que les périodes d'émiettement, les Époques, correspondent à l'épanouissement des identités locales[1].

Conditions géographiques et climatiques

Les Andes centrales, qui regroupent la Bolivie et le Pérou, représentent le lieu où la cordillère est principale. Le paysage s'organise en trois parties : une frange côtière plus ou moins étroite, la cordillère (altitude moyenne : 2000-3000 m, mais il existe des sommets bien plus hauts) et la sierra. Le climat comporte deux saisons, l'été austral (notre hiver), avec des pluies abondantes sauf sur la côte, et l'hiver austral, qui correspond à une saison sèche.

En bordure de la cordillère, la bande de côte plus ou moins large correspond à un désert aride, entrecoupé de vallées créées par une cinquantaine de fleuves issus de la cordillère par la fonte des glaciers. Si les régions proches du lit du fleuve abritent de la végétation, au-delà, ne couvre qu'une vaste étendue désertique et assez froide. La quasi absence de pluie a entraîné plusieurs adaptations des populations, surtout le développement de techniques de captation de l'eau pour l'irrigation, et une importante pêche.

La montagne est aussi habitée et exploitée, silonnée de nombreux fleuves qui coulent pour la majorité vers le versant amazonien, et quelques-uns vers le Pacifique. La ville de Lima, à à peu près 1 000 m d'altitude, est un établissement moderne près d'un site archéologique ancien en altitude. L'altitude comporte un certain intérêt pour l'agriculture, l'ensoleillement étant plus fort que dans les vallées encaissées. La culture et les habitations se sont par conséquent développées en hauteur pour trouver des pâturages plus accessibles.
La vallée andine peut quelquefois culminer à plus de 4 000 m de hauteur, où seule pousse une faible végétation de joncs, qui sert de paturage aux lamas ainsi qu'aux vigognes. Quelques cultures de tubercules, comme les pommes de terre, peuvent cependant être entreprises jusqu'à 5 000 m.
L'arrivée des Espagnols modifia totalement l'occupation de l'espace, le vice-roi de Tolède obligeant les populations à descendre au fond de la vallée, dans des villes construites sur le modèle d'urbanisme espagnol, pour mieux contrôler le territoire.

La sierra, ou sierra da selva, est constituée d'une forêt qui escalade un versant abrupt. Occupée par les populations andines depuis les incas, elle a donné lieu à l'édification de terrasses agricoles, comme celles visibles à Machu Picchu.

La Néolithisation : période précéramique

La période précéramique est marquée par une sédentarisation, la naissance de l'agriculture et la domestication de certains animaux. Sur le site de Kotosh, un temple aux mains croisées, ainsi nommé à cause de reliefs sculptés en forme de paires de bras croisés, semble avoir été commencé vers 2450 av. J. -C. Plusieurs phases de réutilisation du site ont été mises en évidence, les reliefs anciens étant à chaque fois préservés sous du sable servant de fondation aux constructions plus récentes. Le relief, bien que sommaire, montre tout de même un souci d'exactitude et de respect des formes.

L'époque d'origine (1800 – 1000 av. J. -C. )

C'est à cette période qu'apparait la céramique et le métier à tisser. Le nombre de grands centres cérémoniels augmente fortement.

Céramique

Son apparition semble en particulier liée à un but utilitaire, pour la cuisson des nouveaux produits agricoles surtout. Cependant, on connaît aussi quelques figurines féminines, comme la Vénus de Curayacu, du musée national du Pérou, datée du IIe avant notre ère. Ce personnage féminin se présente dans une attitude frontale et hiératique, les bras plaqués sur le corps, le décor se résumant à des incisions.

Architecture et urbanisme

Dans l'architecture se trouvent les traces d'une sédentarité plus marquée, comme le prouvent des villages importants, avec une architecture religieuse plus complexe que auparavant. Deux types de structures architecturales sont utilisés :

Le site de Cerro Sechin fait partie des plus importants centres monumentaux du Pérou, daté du Ier millénaire av. J. -C. Il utilise ce second plan.

Sculpture en pierre

C'est à Serro Sechin essentiellement qu'ont été mises au jour les principales manifestations de la sculpture de cette période : des dalles gravées de personnages au canon spécifiques. De profil, ils présentent un torse et un œil vus de face, des pieds vus de haut, et deux mains gauches. Différents types de personnages peuvent être distingués : des guerriers armés en procession, des prisonniers sacrifiés de la tête desquels sortent des flots de sang... Cette représentation militaire de guerriers victorieux correspond-elle à un récit mythologique ?, à un événement historique (ce qui semble néenmoins particulièrement rare dans les Andes)  ? On remarque la représentation de têtes-trophées, représentées déjà selon la tradition andine : yeux clos, en forme de croissant, bouches grimaçantes (symbole de mort), cheveux dénoués (marque d'humiliation).

L'horizon ancien (1000 – 200 av. J. -C. )  : la culture de Chavin (dates discutées : 1200/800 – 300 av. J. -C.  ?)

La civilisation

Voir aussi : Chavín

La culture de Chavin se développe dans tout le Pérou, à travers un dispositif théocratique centré sur la ville de Chavin de Huantar. Le contrôle du commerce représente une révolution dans la vie des villages de montagne, particulièrement dépendants des denrées côtières.

Le style de Chavin

Carte de l'expansion de la culture Chavin au Pérou

Très complexe, le style utilisé dans les œuvres relevant de la culture de Chavin, mais aussi dans certaines productions côtières, est fait pour désorienter le spectateur et le transporter vers d'autres réalités. On note surtout le remplacement de certains éléments humains (cheveux, moustache, corde, poil) par des animaux, le plus fréquemment des serpents. Une forte inspiration de la région tropicale, due à un important lien avec l'Amazonie et ses cultures, semble avoir cours. L'iconographie souvent utilisée dans la culture de Chavin regroupe :

Le site de Chavin de Huantar

Situé à 3 180 m d'altitude, sur les rives du Mosna, Chavin de Huantar devait être un important centre cérémoniel, qui abritait peut-être un oracle et servait en tout cas de lieu de pèlerinage. Ce centre attirait non seulement les pèlerins, mais également les marchands, et était au centre d'un important commerce avec des civilisations périphériques.

La ville est orientée vers les quatre points cardinaux, et abritait au moins 5000 personnes, dont des prêtres, des serviteurs et des cultivateurs. Constituée autour d'une grande place, entourée de plates-formes et d'un ancien temple (Castillo), en forme de pyramide tronquée, elle reprend le type en U déjà développé à la période d'origine.

Sculpture

Cet art évolue en se compliquant. Les artistes de Chavin éprouvent une préférence pour le relief particulièrement plat et la gravure, quoiqu'il existe aussi de la ronde bosse. Les figures sont largement stylisées, les détails simplifiés et multipliés, et une forte symétrie bilatérale marque les œuvres. Les artistes utilisent le procédé des "bandes modulaires", c'est-à-dire qu'ils ont tendance à diminuer les éléments à des bandes de largeur égale. Les "substitutions métaphotiques" (remplacement d'élément par des animaux) ont aussi cours.

Monolithe du Lanzon

En général, la sculpture est intégrée à l'architecture, comme le prouve le monolithe du Lanzon, localisé dans l'ancien temple de Chavin, et haut de 4, 53 m. Ce gigantesque monolithe sculpté sur trois faces se trouvait au centre du temple de Chavin. Sa forme peut rappeler celle d'un bâton à fouir, et laisserait alors à penser que l'être gravé dessus garantit une bonne récolte ; mais d'autres ont fait un rapprochement avec un poignard transperçant le sol. Quoi qu'il en soit, une représentation plus ou moins anthropomorphe marque la surface de la pierre. Ce «vieux Dieu» de Chavin est représenté sous la frome d'un personnage bipède, avec des crocs, un mufle et des serpents en guise de chevelure, une iconographie qui pourrait tirer sa source dans le monde amazonien.

Toujours au temple de Chavin, on peut signaler la présence de têtes-clé, des êtres à gueule de jaguar, typiques de la statuaire de Chavin qui s'intègrent au mur. Il s'agit là de représentation en ronde bosse, assez rare dans l'art de cette période.

La Stèle Raimondi, du musée de Lima, provient elle aussi de Chavin de Huantar, mais elle présente une importante innovation iconographique comparé au monolithe du Lanzon. En pierre, haute d'environ trois mètres, elle présente un nouveau personnage, le «nouveau dieu» de Chavin, dit "dieu souriant", ou "dieu aux bâtons". En position bipède, avec des griffes aux mains ainsi qu'aux pieds et des crocs jaillissant de sa bouche, il tient en effet deux bâtons ou sceptres. Au-dessus de sa tête est représentée sa coiffe, qui normalement tombe dans son dos, et semble composée de têtes humaines imbriquées les unes dans les autres, invitant à une double lecture.

Sur l'obélisque de Tello, aussi au musée de Lima, ce n'est plus un être anthropo-zoomorphe qui se trouve représenté, mais un couple de caïmans du corps desquels sortent des plantes et des êtres de la jungle, faisant probablement référence à un mythe de genèse.

Céramique

La céramique comme le tissu est un médium qui véhicule l'iconographie de Chavin vers les régions éloignées de la cité principale. Les formes de céramique les plus souvent recontrées sont des vases globulaires à anse-goulot en étrier, et des bouteilles à haut col. Généralement, les surfaces sont de couleurs sombres : gris, noir ou brun, et un décor de félins, de fleurs ou d'oiseaux est incisé, gravé ou modelé.

Cultures dépendant de la culture de Chavin

Cupisinique

Article détaillé : Céramique Cupisnique.

La céramique de Cupisinique existait probablement avant l'éclosion du site de Chavin. Modelée, elle présente aussi un décor incisé et des anses-goulots en étrier. Le répertoire iconographique est particulièrement large, et il n'est pas rare d'y trouver des représentations anthropo-zoomorphes rappelant celles de Chavin.

Paracas

La culture de Paracas est une autre culture qui fut particulièrement influencée par Chavin à ses débuts, même si une seconde phase s'en distingue beaucoup. Généralement, ces premières céramiques présentent une polychromie particulièrement contrastée, et l'iconographie est particulièrement marquée par celle de Chavin.

La période intermédiaire ancienne (200 av. J. -C. – 500 ap. J. -C. )

La culture Paracas (300 av. J. -C. – 0)

Céramique

La céramique prend des formes diverses, alors que son décor, le plus fréquemment géométrique, est constitué de couleurs vives posées après cuisson et scindées par des incisions. Comme on l'a signalé ci-dessus, la première phase de la céramique paracas est particulièrement influencée par la culture de Chavin, mais elle connaît aussi une seconde phase qui s'en éloigne peu ou prou.

Culture funéraire

Les éléments funéraires forment la partie la plus originale de l'art de Paracas : les corps sont positionnés en position fœtale, enveloppés de plusieurs couches de tissus peints ou brodés, les mantos. La totalité est appelé fardo funéraire. Deux grandes phases différentes se chevauchent : Paracas Cavernas, où les tombes prennent la forme de bouteilles pansues, et Paracas Necropolis, ou les fardo sont positionnés dans des paniers avec des bijoux, au centre d'un tombeau en forme de maison souterraine.

La culture Nazca (100 – 600)

Voir aussi : civilisation nazca

Céramique

Exemple de poterie Nazca

La poterie polychrome des Nazcas reprend en grande partie les thèmes iconographiques des Paracas, mais une nouveauté technique principale y apparaît : les couleurs sont désormais appliquées avant cuisson, et non plus scindées par des incisions. La typologie des céramiques s'enrichit aussi, de vases sphériques à goulots reliés par une anse pont (qui existaient déjà chez les Paracas), de gobelets, de bols, de terrines, de jarres, de récipients anthropomorphes... Les couleurs, posées en aplat, sont le plus fréquemment délimitées par un contour noir, formant divers motifs décoratifs, avec une grande dislocation dans les figures.

Géoglyphes

Géoglyphe nazca en forme de colibri

Les géoglyphes sont des réseaux complexes tracés sur le sol en ôtant la couche superficielle dans le désert, ce qui laisse une trace claire. On trouve des réseaux de droites et de spirales autant que des motifs animaliers, comme des baleines, des colibris... Ces dessins gigantesques ne sont visibles que du ciel ou depuis une hauteur, et restent assez énigmatiques. Il semble qu'ils aient donné lieu à des processions rituelles, avec bris de poteries à certains lieux «stratégiques», mais leur signification reste sujette à caution. Certains chercheurs ont avancé l'hypothèse d'un rapport avec l'astrologie.

Culture Recuay (200 av. J. -C. – 700 ap. J. -C. )

La culture Recuay se développe dans une région proche de Chavin.

Céramique

On situe la phase "classique" de la poterie Recuay entre 300 et 600. Deux tendances ont alors cours :

Sculpture en pierre

Comme dans l'art Chavin, les sculptures associées à la culture Recuay sont généralement associées à une architecture. Les grands yeux sphériques des personnages sont un trait caractéristique.

Culture Moche (100 av. J. -C. – 700 ap. J. -C. )

Voir aussi : Moche

La culture Moche est principale de la région côtière à l'intermédiaire ancien. Depuis sa capitale de Moche, dans la vallée du fleuve Moche, à quelques kilomètres de l'actuelle ville de Trujillo, elle domine une région assez agricole, grâce à des fleuves descendant vers le Pacifique. C'est une société particulièrement guerrière, qui donne un rôle important à la guerre et des affrontements. Des guerres rituelles sont quelquefois organisées pour se procurer des prisonniers à sacrifier. Les arts sont spécifiquement raffinés, tant dans le domaine de la poterie qu'en orfèvrerie et en sculpture.

Architecture

Les éléments architecturaux caractéristiques de cette culture sont les pyramides tronquées (huaca) en adobe (pierre crue, matériau le plus fréquemment utilisé dans les constructions côtières), telles la Pyramide du soleil, ou Huaca del Sol de Moche, qui mesure 228 x 156 x 18 m. Ses cinq corps juxtaposés, en retrait les uns comparé aux autres, supportent une pyramide à six degrés au-dessus (h : 23 m), en faisant un site cérémoniel et funéraire (tombes royales) exceptionnel.

Céramique

Exemple de poterie mochica
Article détaillé : Céramique Mochica.

La culture Mochica est l'unique culture qui crée de véritables scènes complexes avec interaction de personnages multiples, surtout dans sa poterie funéraire. Les spécialistes distinguent cinq phases différentes, reconnaissables à la forme de l'anse-goulot en étrier. Les décors sont variés, entre le modelage, le relief, l'incision, la peinture, ou encore le dessin au trait, le tout dans des tons lie de vin sur crème généralement. Quelquefois, ces poteries peuvent aussi être noires (phase 3) ou à engobes gris ou polychromes (phase 5). L'évolution a lieu vers plus de réalisme, de vie et une plus grande complexité, et la poterie mochica est la première qui parte à la conquête de l'expression (personnages en train de rire). Les thèmes sont par conséquent riches et variés : félins, guerriers portant bouclier rond, masse d'arme, tunique en coton et casque, ou encore chamans mastiquant de la coca mêlée à de la chaux.

Métallurgie

La métallurgie mochica est techniquement la plus avancée au Pérou. L'or, l'argent et le cuivre sont utilisés, fréquemment alliés en un métal appelé tumbaga, auquel est donné un aspect doré par un traitement chimique (acide d'origine végétale). Les artistes mochicas pratiquent aussi la dorure et l'argentage du cuivre, par dissolution du métal précieux dans une solution corrosive où on plonge la pièce. L'incrustation d'autres métaux, de pierres semi-précieuses, ou de coquillages est aussi fréquente. De nombreuses techniques de mise en forme peuvent être mentionnées : découpage, martelage, incision, embossage, repoussé, coulage dans des moules simples ou à la cire perdue, granulation, tressage... Les assemblages sont réalisés par pliage, puis par soudure.

Tout ceci pour produire des pièces particulièrement variées, à iconographies anthropomorphes ou zoomorphes, comme des masques funéraires, des gantelets, des colliers, des pectoraux, des bijoux... Des boucles d'oreilles en or et pierres précieuses (turquoise, nacre, spondyle, lapis-lazuli) conservées au musée de l'or de Lima sont spécifiquement célèbres. Le motif représenté en mosaïque est un guerrier à bec d'oiseau.

Il faut aussi mentionner la découverte assez récente dans le huaca de Sipán de la tombe du seigneur de Sipán, qui recelait de nombreux objets d'orfèvrerie. La chambre aménagée dans une pyramide d'adobe avec des agrandissements successifs contenait des parures extrêmement riches : bijoux d'or, d'argent et de turquoise, linceul cousu de plaques de cuivre doré, cercueil de bois... À côté du guerrier se trouvaient différents personnages des deux sexes et un chien.

Culture Pucara (200 av. J. -C. – 200 ap. J. -C. )

Cette civilisation se développe autour du lac Titicaca.

Architecture

L'architecture pucara est particulièrement importante en ceci qu'elle préfigure l'architecture de Tiahuanaco, avec son appareil de gros blocs de pierre rectangulaires bien dressés

Sculpture

Figures humaines et animales en ronde-bosse sont les manifestations principales de la sculpture pucara. Généralement, les formes suivent les contours du bloc, inscrites dans un rectangle, mais elles sont adoucies, arrondies. Le thème de la chasse aux têtes est fréquemment représenté en ronde bosse, mais également sur les stèles et les dalles sculptées comme la stèle de l'éclair, qui provient précisément du site de Pucara.

territoires des empires de l'horizon moyen : Huari et Tiahuanaco

L'Horizon moyen (500 – 900)

La culture Tiahuanaco

Voir aussi : Tiahuanaco

Le culture de Tiahuanaco est située dans les hautes terres boliviennes. Si son activité débute dès l'intermédiaire ancien, elle n'atteint son plus grand développement qu'à l'horizon moyen, où elle se développe parallèlement à la civilisation Huari. Cet empire touche à la fois le sud du Pérou, la Bolivie et le nord du Chili.

La capitale est le site de Tiahuanaco, localisé à particulièrement haute altitude, entre La Paz et le lac Titicaca, dans une région au climat particulièrement froid où ne pousse qu'une végétation rare. L'agriculture est par conséquent adaptée, avec des productions typiquement andines comme la culture de tubercules ou encore l'élevage des lamas et des alpaca. Un commerce florissant s'organise, des caravanes partant des hauts plateaux vers le Pacifique, donnant la possibilité d'ainsi d'une interaction forte entre côte et haut plateau.

Le site de Tiahuanaco

Têtes-chevrons, citation de l'art Chavin à Tiahuanaco

Le site de Tiahuanaco est un centre civico-religieux ou subsistent les édifices fabriqués en dur. Le travail de la pierre (architecture et sculpture) est assez important, des blocs étant assemblés à joints vifs, avec des crampons de bronze, ou par tenons, mortaises et encoches. L'utilisation de cette technique, mais aussi d'autre traits, forment une sorte de retour aux sources anciennes, surtout Chavin.

La porte du soleil, Tiahuanaco, avec au centre un dieu aux bâtons rappelant Chavin

L'Akapana est une colline naturelle, agrandie de façon à former une pyramide à degrés de 210 m de côté et de 15 m de hauteur. Elle comporte un temple semi-souterrain avec une cour surbaissée avec des têtes-tenons (rappel de Chavin), et un gigantesque monolithe en andésite de 3x4m, la porte du soleil, qui est ornée de reliefs montrant des divinités à sceptres comme sur la stèle Raimondi. La palais des sarcophages, quant à lui, comporte plusieurs chambres avec des toits soutenus par des piliers, et le Pumapunku est un grand terre-plein avec des blocs décorés de moulures, des niches et des motifs géométriques.

Sculpture

Exemple de sculpture monolithique de Tiahuanaco

La sculpture de Tiahuanaco comme celle de Chavin est intégrée à l'architecture. Une évolution stylistique nette a lieu, passant d'un certain réalisme (lignes et surfaces courbes) à des attitudes plus figées et des sculptures plus prismatiques. Le monolithe Ponce, ou le monolithe El Fraile, appartenant au site de Tiahuanaco, sont des exemples de ce style géométrisé à l'extrême, les figures restant engoncées dans une forme de colonne.

Céramique

La forme la plus typique de poterie est le vase keru, un grand gobelet à bords évasés, fréquemment décoré d'une tête de puma en ronde bosse et utilisé pour les libations. Le décor quant à lui est marqué par une importante polychromie (rouge, bleu, gris, ocre, noir), avec des motifs géométriques (grecques) et figurés (pumas, condors, hommes) inspirés de l'iconographie Nazca.

L'empire Huari

Voir aussi : Huari

L'hégémonie de l'empire Huari est parallèle à celle de Tiahuanaco. Dans un premier temps cité vassale, puis émancipée, Huari développe un immense empire entre 600/700 et 1000/1100, avec d'importants centres administratifs régionaux caractérisés par une planification rigoureuse. Sa culture demeurant particulièrement proche de Tiahuanaco, on assiste à une unification culturelle des Andes centrales, et Huari assure la diffusion sur la côte du style Tiahuanaco.

Architecture et urbanisme

La cité de Huari Avec ses cinq kilomètres carrés de ruines, Huari était une cité particulièrement grande, comportant au moins 20 000 habitants. Elle était divisée en quartiers spécialisés, tels celui des potiers, des orfèvres, ou encore des tailleurs de pierre...

Si l'architecture huari reste nettement moins intéressante que celle de Tianhuanaco, cette culture manifeste cependant de grandes innovations dans l'urbanisme, qu'elle invente presque. Le site de Piqillaqta, mesurant 1, 2 x 1, 6 km, en est un des exemples les mieux conservés. Marquant la limite de l'expansion sud du domaine Huari, cette cité s'organise sur un plan rectangulaire entouré d'un mur périphérique de 3-4 m de large. Les pièces sont entourées de couloirs mais il n'existe pas de portes d'entrée, les murs et des échelles étant utilisés comme voies de circulation. Les zones construites jouxtent de grandes places vides, et de nombreux entrepôts sont prévus pour la nourriture.

exemple de poterie polychrome huari

Autres productions

La culture huari est à l'origine d'une production céramique, dont les motifs reprennent l'iconographie de Tiahuanaco. La sculpture en pierre demeure rare, malgré les quelques statues figurant hommes ou animaux pris dans des prismes connues. Quant aux tissus, fabriqués en laine de lama et d'alpaca, certains provenant de la région côtière ont pu être conservés. On y note une géométrisation particulièrement poussée, et la technique utilisée est celle de la tapisserie.

L'intermédiaire récent (900 – 1400)

La culture Chimu (800 – 1466)

Voir aussi : Chimú
Article détaillé : Céramique Chimú.

Située au nord de la côte Péruvienne cette culture se pose à la fois en continuatrice et restauratrice de la culture mochica. La grande puissance du royaume se base sur une culture riche, qui tire parti de l'irrigation et change ainsi la côte désertique en côte irriguée. On peut distinguer trois phases dans la chronologie :

Cependant, seule la troisième phase, qui correspond à l'unification ainsi qu'à l'expansion du royaume à partir de la capitale de chanchan est bien documentée.

Architecture

Vue générale de l'un des dix palais de Chanchan
Mur en adobe du site de Chanchan

On connaît d'imposantes constructions en brique crue (adobe), chaque souverain Chimu faisant édifier un palais puisque, comme chez les Incas plus tard, il n'héritait pas des bien de ses prédécesseurs. Entourés d'une double ou d'une triple enceinte de hauts murs avec une ouverture unique et des niches garnies de statues de bois, ces palais se décomposaient le plus souvent en trois parties : une administrative (dans laquelle on pénétrait en premier et qui comprenait entrepôts, cuisines, pièces diverses servant peut-être d'audiences…), un secteur central plus privé, avec le lieu d'enterrement (une plate forme basse en forme de pyramide tronquée) et des lieux de vie, quelques entrepôts et salles d'audiences, enfin, le lieu des activités domestiques, sans structures importantes. Comme souvent sur la côte, la majorité des pièces n'avaient pas de toit. Le décor se composait de reliefs découpés dans l'enduit montrant des oiseaux, des pêcheurs, des poissons...

Orfèvrerie

Très raffinée et extrêmement connue, l'orfèvrerie est aujourd'hui connue essentiellement via le matériel funéraire. Un motif récurrent et assez caractéristique est la présence d'un œil en amande effilé. Du cinabre, un colorant rouge, était appliqué sur certaines pièces pour en rehausser la valeur et marquer un contraste avec l'or, et des pierres précieuses et semi-précieuses (lapis-lazuli, cristal taillé... ) pouvaient aussi être incrustées. Le style était marqué par une importante symétrie bilatérale, et un personnage revenait souvent : la divinité namlap, caractérisée par une coiffe en demi-lune. Elle apparaissait surtout sur un magnifique tumi (couteau sacrificiel), malheureusement détruit durant le XXe siècle.

La culture Chancay

Cette culture originale était installée dans la vallée du Chancay, au nord de Lima. Elle produisait surtout des vases à décor géométrique, d'exécution plutôt simple généralement, et des statuettes anthropomorphes avec vêtements en tissu. Quelquefois, les personnages enterrés portaient aussi des parures de plumes.

L'horizon récent (v. 1350 – v. 1532)  : la culture Inca

Voir l'article principal : art inca

Carte de l'extension de l'empire inca et de ses provinces

L'horizon récent est marqué par la domination d'une culture : celle des Inca. Partis de la vallée de Cuzco au milieu du XVe siècle, il parvinrent à se rendre maîtres particulièrement rapidement d'un vaste empire (du sud de la Colombie jusqu'au centre du Chili) par une série de conquêtes. L'organisation centralisée, avec la création et l'adaptation de centres administratifs, reliés entre eux par un impressionnant réseau routier, leur permet d'étendre une influence particulièrement importante dans l'ensemble des Andes.

Architecture et urbanisme

Site de Machu Picchu et agriculture en terrasse

En dépit d'une planification rigoureuse des sites, les Incas ne manquaient jamais de s'adapter à l'environnement montagneux, comme le prouve le site de Machu Picchu, qui comportait une agriculture en terrasse particulièrement développée en sus d'une partie urbaine avec des ateliers, des quartiers de populations d'un côté et les temples principaux de l'autre. À Cuzco, la capitale de l'empire, moins de 100 000 habitants vivaient, dans une cité dont les édifices principaux formaient le dessin d'un puma, ce qui reste particulièrement exceptionnel. L'architecture quant à elle se manifeste au travers d'édifices monumentaux et austères (peu de sculpture), qui utilisent différents types d'appareils de pierre.

Orfèvrerie

Avec la conquête de l'empire Chimu en 1466, on assiste à une déportation des orfèvres, particulièrement connus, vers Cuzco. Peu de pièces sont aujourd'hui conservées, même si le musée du quai Branly peut se targuer d'une statuette en argent représentant un personnage sans regard, mais dont les énormes boucles d'oreilles sont caractéristiques de la noblesse inca.

La sculpture en bois

Plus fréquente que la sculpture en pierre, elle se manifeste surtout par des objets cérémoniels comme les keru, des récipients zoomorphes supportés par des atlantes (à ne pas confondre avec les keru de Tiahuanaco) et les pajcha, des louches rituelles. La sculpture sur bois sera l'un des rares arts poursuivis au cours de la période coloniale, ce qui induit des difficultés de datation.

Céramique

La céramique est marquée sous les Inca par la naissance de différentes formes comme l'aryballe (grande jarre accrochée dans le dos) et le florero (avec un long col évasé). Les décors sont plutôt géométriques, mais il existe tout de même des motifs floraux, animaux et humains.

Tissu

Il faut enfin évoquer l'art du tissu, et surtout celui des tuniques unku : deux pièces rectangulaires assemblées, cousues et décorées de motifs géométriques (tokapu).

Les Collections Publiques Françaises

Notes

  1. Claude Chauchat, Sur la route des Andes, Connaissance des Arts novembre 2006 p7.

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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