Céladon

Le céladon est un type de céramique, propre à la Chine ainsi qu'à l'Extrême-Orient, typique de la Corée de la période Koryŏ, utilisant une glaçure verte ou bleu-gris translucide.


Catégories :

Art en Chine - Art coréen - Céramique

Définitions :

  • Toujours utilisé en apposition dans un vert céladon, pour caractériser un vert de la couleur céladon.... (source : fr.wiktionary)
  • porcelaine chinoise de couleur bleue-verte. Le mot vient certainement de Sãlãh-ed-dîn (Saladin), Sultan d'Egypte, qui aurait offert 40 pièces de cette céramique à glaçure verte translucide au Sultan de Damas en 1171.... (source : almaviva)
Objet en céladon, de la dynastie coréenne de Goryeo, permettant de recueillir les cendres royales. (Pièce du trésor national de Corée du Sud).

Le céladon est un type de céramique, propre à la Chine (en chinois : qingci ??, littéralement "porcelaine verte") ainsi qu'à l'Extrême-Orient, typique de la Corée de la période Koryŏ (918-1392), utilisant une glaçure verte ou bleu-gris translucide. Les céramiques céladon de l'époque Koryŏ sont les objets d'art coréen les plus connus au monde. On trouve cependant des céladons primitifs en Chine, où il a été découvert dans la région de Yue, dans le bassin du Yangzi Jiang, et d'autres d'époque postérieure. Le céladon est spécifiquement apprécié en Asie, car il permet d'obtenir la couleur du jade, la pierre sacrée.

Les céladons doivent leur nom au berger Céladon, personnage d'un roman précieux de 1610, L'Astrée, qui portait des rubans verts, le céladon désignant aussi cette couleur. Le roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé a été écrit à une période où les produits qingci des ateliers chinois de Longquan gagnaient en popularité en France : la couleur des porcelaines chinoises a alors été comparée aux vêtements de Céladon et cette association est restée, reprise ensuite dans d'autres pays.


Technique et décoration

La couleur bleu-vert du céladon provient d'une petite quantité d'oxyde de fer incluse dans la glaçure au moment de la cuisson en réduction (avec un tirage limité). Une cuisson oxydante (avec une plus grande arrivée d'air) donne une couleur brun jaune à la glaçure. Il arrive que au cours du refroidissement, le four se réoxygène, et quelques vases présentent les deux couleurs.

Les potiers de Koryŏ ont aussi utilisé l'incrustation de décor à l'engobe noir ou blanc, déposé dans les incisions faites dans l'argile toujours humide, et dont le surplus est essuyé. Cette technique donne un effet proche de la marqueterie.

La glaçure rouge est obtenue grâce à un oxyde de cuivre.

Au cours de la période Chosŏn, la glaçure grise à la cendre se répandit.

Les céladons sont le plus souvent monochromes, quelquefois non-décorés, mais le plus fréquemment ornés de motifs simples et finement mis en relief.

La grue, oiseau symbole de longévité et de bonheur est souvent représenté sur les céladons coréens.

Histoire

Le céladon est découvert par les potiers chinois de la région de Yué au IIe siècle, mais déjà, vers 1250 av. J. -C., les cuissons de certains potiers chinois pouvaient atteindre les 1200°, ce qui à cette température permettait de produire de la matière vitreuse, quand des cendres incandescentes de bois ou de végétaux retombaient sur les surfaces au défournement, et laissaient apparaître un révêtement imperméable, translucide et brillant. Ce sont ces qualités, qui exploitées méthodiquement, par les ingénieux artisans chinois, permirent progressivement d'obtenir des teintes variant du brun au vert jaune.

Dès le XIe siècle av. J. -C. , sont par conséquent fabriqués des jarres et des pots, dont la facture est proche des bronzes rituels, pour accompagner les morts dans leurs tombes. Ces grès archaïques un peu ocrés, montrent de nombreuses zébrures vitrifiées. Cette nouvelle technique fut affinée par les artisans de la province du Zhejiang, et selon les époques, le revêtement était créé avec des cendres de bois sèches, ou un mélange de cendres humides et d'argile puis saupoudré à travers un tamis, plus tard, une mixture de cendres et d'argile liquide, fut étalée avec un pinceau. L'expérience des potiers, leur permit aussi de se rendre compte que les fours en longueur étaient les plus efficaces, et , fabriqués à flanc de colline, avec brique d'argile réfractaire, ils étaient nommés "fours-dragons".

Au VIIIe siècle, le révêtement est parfait, et les potiers de Yue sont spécifiquement renommés pour leurs bols de thé dont les teintes produites s'accordent avec celles du breuvage favori des chinois lettrés, qui les comparent à des «nuages verts saisis dans un tourbillon de glace». Grâce aux lettrés, leur production pénètrent jusqu'à la cour impériale.

La porcelaine coréenne au céladon apparaît au Xe siècle près d'Inchon. Dès l'an 1000, grâce à l'influence de la Chine ainsi qu'à de longues recherches, le céladon coréen atteint un haut degré de raffinement. Ses teintes bleutées le distinguent du céladon chinois. Les autres productions sont délaissées, et cette technique prévaut sur l'ensemble des autres.

L'âge d'or du céladon

Celadon Goryeo, Corée

En 1050, la technique de fabrication est arrivée à sa perfection, et sert à produire de grandes séries d'objets aux formes pures, à l'émail profond et sans craquelure. Les décors sont incisés dans l'argile, et sont soit abstraits (arabesques), soit utilisent des motifs floraux, ou des animaux (phénix), dénotant une influence des Khitans.

L'âge d'or du céladon, va s'étaler du XIe siècle au XIVe siècle, porté, en Chine par la dynastie des Song puis des Yuan. Les pièces fabriquées vont de plus en plus être destinées au seul plaisir de la contemplation, la couleur allant jusqu'au vert pâle, argenté, presque transparent. Les artisans chinois reproduisent des bronzes antiques pour lesquels ils abandonnent la couleur ocre pour un vert onctueux, poudré qui magnifie leurs chefs-d'œuvre, c'est la fameuse teinte dorénavant associée au mot céladon.

Dans les années 1150, le céladon au décor incrusté apparaît. Cette technique découverte en Corée permet d'orner les vases de nouveaux motifs réalistes : nuages, grues ; les petits objets (bouteilles à parfums, boîtes à onguents) sont ornées de fleurs. Le céladon est de plus en plus utilisé, et on couvre les palais royaux de tuiles en céladon. Les céladons rouges vifs sont découverts à cette époque, mais plus appréciés en Chine. Influençant leurs confrères chinois, les potiers coréens atteignent alors un apogée dans leur art. Tant et si bien, que les importations de céramique chinoise cessent particulièrement à cette époque.

La technique de décoration, sobre au XIIe siècle, commence à décliner avec les invasions mongoles (après 1231). À la fin du XIIIe siècle, les motifs devinrent moins variés, plus grossiers. Progressivement, les céramistes coréens oublièrent les techniques de fabrication du céladon. Le céladon bleu-vert ne fut absolument pas produit du XIVe au XXe siècle.

Au cours de la période Chosŏn, les potiers produisent toujours des céladons, mais ils ne sont plus aussi chatoyants, bleus ou gris, sans reflets verts-bleus, et les motifs décoratifs pauvres ou mêmes austères, et quelquefois simplement appliqués avec un sceau.

Culture

Voir aussi

Jean Girel

Liens externes

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"Vase Celadon du Musée de"

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