Céramique Fat Lava

La céramique Fat Lava sert à désigner, d'une manière quelque peu réductrice, les productions des manufactures et studios allemands des années 1950-1970.


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Céramique - Culture allemande

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La céramique Fat Lava sert à désigner, d'une manière quelque peu réductrice, les productions des manufactures et studios allemands des années 1950-1970.
Elle tire son nom des effets d'émaillages en relief, souvent utilisés avec des coloris jaune orangé, qui donnent à la surface des pièces un aspect caractéristique de lave bouillonnante. Le terme Fat Lava est apparu pour la première fois comme titre de l'exposition de céramique allemande organisée à Londres en juillet-août 2006. [1]

Contexte historique

Etouffée par la montée du nazisme, la création céramique allemande de l'entre-deux-guerres ne connaitra pas les expériences novatrices des céramistes scandinaves. Les expériences du Bauhaus resteront par conséquent cantonnées, dans le domaine de la céramique, pour réapparaitre dans les années 50.
Il faudra par conséquent attendre le développement économique de l'après-guerre pour que l'Allemagne se découvre, du fait de sa position géographique, au confluent des influences d'une production scandinave, élégante et équilibrée, d'une création italienne, colorée et sculpturale et d'un apport graphique en provenance d'Europe de l'Est[2].

Caractères stylistiques

La production industrielle

Marque moulée et numérotation Scheurich

Plus de soixante studios et manufactures ont créé des modèles durant les décennies 1950-1970. Cette abondante production fut surtout obtenue par moulage. Les pièces, produites en série[3], étaient ensuite émaillées individuellement.
Le mode de production, semi-industriel, dissocia particulièrement tôt la production des formes de celle des décors. On peut ainsi trouver un même modèle habillé d'une grande variété de glaçures, produit de créateurs différents. Les formes et les décors les plus emblématiques ont gardé la trace de leurs concepteurs comme Adele Bolz (Décor "Filigran" pour Ruscha) ou Bodo Mans pour Bay Keramik.

La production industrielle des modèles, qui limitait leur variété, laissait par contraste une très grande liberté aux émailleurs qui pouvaient tester les associations les plus inattendues.


Les productions les plus communes et les plus largementexportées proviennent de Bay, Dümler & Breiden, Scheurich[4], Carstens, Jasba, Strehla ou Roth. Les pièces sont le plus souvent signées d'une marque en relief moulé, W. GERMANY ou WEST GERMANY et d'une numérotation en deux parties. Le premier chiffre correspond au modèle de vase qui peut recevoir de multiples émaillages différents. Le second chiffre correspond habituellement à la taille de la pièce.

Les manufactures exportèrent une part particulièrement importante de leur production (jusqu'à 35%) vers les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie ou la Nouvelle Zélande. Des distributeurs locaux furent implantés, qui combinèrent quelquefois leur marque à celle des manufactures. Des licences de fabrication furent même négociées et on trouve des empreintes "AUSTRIA" remplaçant le "W. GERMANY". Les pièces exportées restèrent cependant dans la moyenne acceptable par la clientèle de masse, et les créations les plus aventureuses demeurèrent en Allemagne.
Les exportations vers la France ou l'Italie furent comparativement bien plus réduites, contrées certainement par la production massive de centres comme Vallauris ou Accolay et par un goût différent du public.

Les "laves" courantes

Les céramiques les plus courantes sont des vases, le plus souvent de dimensions importantes. Certains d'entre eux sont conçus pour rester au sol du fait de leur volume et de leur poids. Les formes sont simples, les parois épaisses.

De nombreuses pièces reçoivent un émaillage de base satiné brun ou noir qui fait ressortir les effets colorés des décors. Les effets de glaçures juxtaposées jouent sur les différences d'épaisseur des émaux. Les coulures et recouvrements ajoutent ainsi aux associations de coloris des effets de matières caractéristiques. Les effets de laves sont obtenus par l'adjonction de composants chimiques à l'émail. Les cratères fluctuent en taille et profondeur selon le dosage effectué.

L'apparente homogénéité de la production des décennies 50/70 laisse cependant apparaitre l'évolution du goût :

La politique des "lignes"

Si le décor Fat Lava demeure à la fois le plus commun et le plus facilement reconnaissable, la céramique allemande des années 50-70 a connu des séries variées quelquefois reprises par plusieurs manufactures.
La plupart des fabricants ont ainsi lancé des lignes thématiques déclinées en divers modèles ou tailles. Ceramano s'offre ainsi des décors, d'inspiration particulièrement éclectique, qui s'appellent Giza, Dolomit, Marcus, Kreta, Adria, Arctis, etc.
Scheurich produit pour sa part une série Montignac en décorant de figures rupestres particulièrement inattendues les vases-briques de sa "linie 72".

Les créateurs

Selon une pratique courante dans les pays d'Europe du nord, de nombreux créateurs poursuivent en parallèle une carrière de directeur artistique pour une ou plusieurs manufactures et une production personnelle de pièces uniques dans leur propre studio.

Principaux studios et manufactures

Bay Keramik - Carstens Tönnieshof - Ceramano - Dümler & Breiden - Es Keramik Emons & Söhne - Fohr Keramik - Gräflich Ortenburg - Haldensleben - Ilkra Edel Keramik - Jasba - Jopeko - Karlsruher Majolika - Marzi & Remy - Otto Keramik - P Keramik - Roth Keramik - Ruscha (avec des créateurs comme Kurt Tschœrner, Cilli Wœrsdœrfer, Otto Gerharz, Hanns Welling, Adele Bolz, Heinz Siery) - Scheurich - Strehla

Notes

  1. Exposition de la collection privée du Dr Graham Cooley, qui s'est tenue durant le King's Lynn Arts Festival 2006.
  2. Les manufactures allemandes emploieront une forte proportion d'ouvriers et de décorateurs en provenance d'Europe de l'Est , réfugiés après la chute du rideau de fer.
  3. ES Keramik s'équipe en 1959 d'un four-tunnel électrique de 48m de long.
  4. La production de Scheurich atteignit au plus haut plus de 200 000 pièces/semaine. La qualité souffrit proportionnellement de cette expansion.
  5. Source : Mark Hill.
  6. Ils avaient précedemment collaboré au sein de Ruscha.

Bibliographie

Liens externes

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