Lécythe

Un lécythe est un vase grec antique utilisé pour stocker de l'huile parfumée destinée aux soins du corps. La forme est découverte dans la première moitié du VIe siècle av.


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Grand lécythe funéraire en marbre, v.  400 av. J. -C. , H. 83 cm, musée du Louvre

Un lécythe (du grec ancien λήκυθος / lếkythos) est un vase grec antique utilisé pour stocker de l'huile parfumée destinée aux soins du corps. La forme est découverte dans la première moitié du VIe siècle av. J. -C. Un type spécifique, le lécythe à fond blanc, est particulièrement souvent utilisé comme vase funéraire.

Fonction

Les lécythes sont à l'origine des vases conçus pour contenir de l'huile d'olive parfumée. Une partie d'entre eux, fréquemment à fond blanc (voir ci-dessous) sont employés comme offrandes funéraires et déposés dans des tombes.

L'huile d'olive étant assez coûteuse, il arrive que le lécythe contienne un second récipient de taille plus petite, grâce auquel le lécythe a l'air plein jusqu'à ras bord tandis qu'il ne renferme en réalité qu'une quantité d'huile réduite[1]. Le récipient intérieur est façonné en même temps que le lécythe et mis en place avant décoration et cuisson ; un petit trou est pratiqué pour permettre le passage de l'air (généralement près de l'anse ou en bas de la panse), afin d'éviter que le vase n'éclate à la cuisson[2]. La présence d'un récipient intérieur se révèle en vérifiant la profondeur du vase ou en le passant aux rayons X ; un lécythe du Peintre des Inscriptions, brisé net à la jonction de l'épaule et de la panse, permet aussi de voir particulièrement clairement le système[3]. Ces conteneurs n'équipent que les lécythes d'une certaine dimension, les plus petits d'entre eux rendant inutile cet artifice. Inversement, les particulièrement grands vases de la fin du Ve siècle av. J. -C. n'en contiennent pas non plus : peut-être sont-ils devenus purement symboliques à cette époque[4].

Forme

Pégase, lécythe aryballisque du Peintre de Bowdoin, v.  480-460 av. J. -C., Staatliche Antikensammlungen de Munich

Le lécythe se définit par une forme allongée, un col étroit et une large embouchure, permettant à la fois de limiter l'écoulement de l'huile et de favoriser son application. La forme respectant les traditions (de la fin du VIe siècle av. J. -C. jusqu'au deuxième quart du Ve siècle av. J. -C. ) est de type cylindrique, avec un petit pied, une épaule plate déportée, une anse verticale et une embouchure évasée. La scène est peinte sur la panse, l'épaule étant le plus souvent orné d'un motif à palmettes.

Le vase mesure le plus souvent de 30 à 50 cm mais, comme on l'a vu plus haut, il existe quelques particulièrement grands lécythes (1 mètre) à la fin du Ve siècle. La fonction de ces derniers reste mal connue : peut-être sont-ils purement décoratifs ou forment-ils une solution alternative moins coûteuse au grand lécythe en marbre, à la mode à l'époque à la place des stèles funéraires.

D'autres types sont aussi connus :

Décoration

Hypnos et Thanatos emportant le corps d'un défunt, lécythe à fond blanc du peintre de Thanatos, v.  440 av. J. -C. , British Museum

Les lécythes sont décorés autant avec des figures rouges, des figures noires qu'avec une technique spécifique, celle du fond blanc. Ce style apparaît à la fin du VIe siècle comme variante du style à figures noires : la panse est recouverte d'un engobe blanc puis, les silhouettes sont peintes en noir, les détails étant incisés.

Il évolue ensuite au fur et à mesure des progrès effectués dans la figure rouge : le dessin se fait au trait, avec de la peinture en premier lieu noire brillante, puis mate, rouge ou noire. Des couleurs secondaires font leur apparition, en lavis, essentiellement pour les cheveux ou les draperies : brun-pourpre, ocre. Par la suite, d'autres couleurs plus fragiles seront ajoutées après cuisson : verts, bleus et mauves. Malheureusement, peu de ces pigments ont survécu. Cependant, ces lécythes restent un bon témoignage sur ce que devait être la peinture murale classique.

Le fond blanc étant plus fragile, les vases sont en premier lieu réalisés sur commande. À partir de 470460 av. J. -C. , le style se cantonne aux lécythes funéraires, déposés dans la tombe : ils ne sont maniés qu'une seule fois et ne sont pas soumis aux intempéries. Conséquence de cette évolution, l'iconographie évolue : porteurs jusque là de scènes variées, les vases représentent désormais des scènes funéraires. Ce sont des scènes d'adieux ou de déploration mais également des représentations du défunt comme s'il était toujours vivant, par exemple assis devant sa tombe, comme s'il attendait des visiteurs. Occasionnellement, le peintre a même représenté un lécythe à côté du défunt. Certaines scènes sont d'inspiration mythologique : ainsi Charon faisant traverser le Styx, Hermès psychopompe accompagnant ce dernier ou encore Hypnos et Thanatos l'emportant vers l'au-delà.

Le Peintre d'Achille (actif au milieu du Ve siècle) et le Peintre de Thanatos (certainement son élève) sont les peintres les plus productifs en matière de lécythes funéraires : ceux-ci représentent la moitié de l'œuvre du premier et la totalité de celle du second. Le Peintre de Thanatos doit son nom au grand lécythe (48 cm) de la photographie ci-contre[5] : à gauche, Thanatos (la Mort), barbu, tient les pieds du défunt, alors que son frère Hypnos (le Sommeil), glabre, le soutient par les épaules. Il s'agit là d'un thème classique, mais généralement réservé aux morts de héros. Ici, un casque de type corinthien est posé sur la tombe, laissant ainsi supposer que le mort est un soldat — en tout cas un simple mortel. Si les couleurs ont toutes viré à une sorte de brun, il est probable que la polychromie d'origine ait été limitée.

Notes

  1. Joseph V. Noble, «Some Trick Greek Vases», Proceedings of the American Philosophical Society, vol.  112, no6 (9 décembre 1968), p.  371-378, ici p.  375.
  2. Noble, p.  76.
  3. Metropolitan Museum of Art Inv.  06.2021.294 = Beazley, ARV², p.  749, no11.
  4. Noble, p.  378.
  5. Cf. B. Holtzmann et A. Pasquier, Histoire de l'art antique : l'Art grec, Documentation française, coll. «Manuels de l'École du Louvre», Paris, 1998, p.  190–191.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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