Musée d'Histoire de Marseille

Le Musée d'Histoire de Marseille est consacré à l'histoire de la ville de Marseille. Il expose le résultat des fouilles archéologiques effectuées dans la ville, surtout sur le site du Centre Bourse où il est installé, en arrière du Vieux-Port,...


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Musée d'Histoire de Marseille
Informations géographiques
Coordonnées 43° 17′ 52″ Nord
       5° 22′ 32″ Est
/ 43.29778, 5.37556
  
Pays Drapeau : France France
Localité Blason ville fr Marseille (Bouches-du-Rhône).svgMarseille (1er)
Informations générales
Collections Vestiges de la Bourse, ateliers de potiers médiévaux (Sainte Barbe), première faïencerie française (XIIIe), agrandissement de la ville sous Louis XIV..
Nombre d'œuvres épaves de navires, poteries, sépultures, faïence, statues.
Informations visiteurs
Adresse Centre Bourse,
13001 Marseille.

Le Musée d'Histoire de Marseille est consacré à l'histoire de la ville de Marseille. Il expose le résultat des fouilles archéologiques effectuées dans la ville, surtout sur le site du Centre Bourse où il est installé, en arrière du Vieux-Port, avec une entrée par le centre commercial et une par le jardin des Vestiges.

(M) Ce site est alimenté par la station de métro Vieux-Port Hôtel de Ville .

Origine du musée

La construction du Centre Bourse fut entreprise en 1967 sur des terrains dont les vieux immeubles avaient été détruits de 1912 à 1937[1] et qui avaient été laissés en l'état. Au cours des travaux de terrassement pour la construction de ce centre commercial, de nombreux vestiges d'époque grecque, romaine et médiévale furent découverts. Leur importance fut une surprise quoique l'existence du fameux mur de Crinas pouvait laisser supposer la découverte d'autres vestiges. Le comte de Gérin Ricard précise dans le livre Promenades archéologiques paru en 1925 que l'origine grecque de ce mur avait été soutenue par des membres de la Commission archéologique dès la séance du 2 août 1916[2].

La création d'un musée d'histoire de Marseille parut par conséquent indispensable. Ce musée comprend :

Une partie des découvertes fut conservée sur place et aménagée en jardin des vestiges. Une bibliothèque spécialisée dans l'histoire, l'archéologie et l'urbanisme a été créée et ouverte au public.

Les collections provenant des fouilles de la bourse et les découvertes ponctuelles faites au cours des grands travaux du XIXe siècle, surtout le percement de la rue de la République, sont exposées. Elles sont complétées par les découvertes plus récentes faites préalablement à des travaux : place Jules Verne, butte des Carmes, tunnel de la Major, parvis de l'église Saint Laurent, rue des Pistoles etc.

Ainsi est retracée l'histoire ancienne de Marseille depuis sa fondation au VIe siècle avant notre ère, jusqu'aux temps modernes au XVIIe siècle avec l'agrandissement de la ville sur ordre de Louis XIV.

Marseille ville grecque

Chapiteau ionique
Stèles représentant la déesse Cybèle

À l'entrée, une maquette reconstitue la ville telle qu'elle pouvait exister au IIIe siècle av. J. -C. , avec la représentation de trois temples positionnés au sommet des trois buttes de Saint-Laurent, des Moulins et des Carmes, et dédiés aux divinités suivantes : Apollon, Artémis et Athéna. Sont aussi représentés un théâtre, l'agora (place publique), un chantier de construction et de réparation des bateaux. On remarque l'ancien tracé du rivage, nettement plus au nord du quai actuel, et en particulier «la corne» du port qui remontait vers le nord en direction du centre bourse.

Pour illustrer cette période, plusieurs découvertes faites au cours des fouilles anciennes ou récentes sont exposées :

Le commerce et la navigation

Marseille était un centre commercial spécifiquement actif en relation avec les ports de la Méditerranée. Pour illustrer cette activité commerciale, sont exposés les restes d'épaves de bateaux et plusieurs objets trouvés à bord de ces épaves ou dans les diverses fouilles.

Les épaves

Bateau de pêche

Lors des fouilles exécutées place Jules-Verne, une exceptionnelle barque de pêche de la fin du VIe siècle av. J. -C. a été découverte. L'épave conservée (cinq mètres de long et un mètre cinquante de large) est exposée dans une vitrine. Il devait s'agir d'une barque de pêche propulsée à la rame et qui devait avoir neuf mètres de long. Les fragments de corail trouvés dans la résine utilisée pour l'étanchéité du navire laissent supposer que cette barque était utilisée pour la pêche du corail qui était particulièrement pratiquée à l'époque. Cette activité s'est poursuivie jusqu'à une période récente[4]. La quille du navire était en chêne et les membrures en pins.

Navire de commerce

En novembre 1974, au cours des travaux de terrassement au centre bourse, l'épave d'un bateau romain de commerce datant de la fin du IIe siècle a été découverte. Ce bateau qui avait subi de nombreuses réparations, fut, suite à une grave avarie, coulé dans la corne du port et arasé. Cette partie du port s'envasait progressivement et , ayant un faible tirant d'eau, ne devait plus être utilisée. Le bateau s'enfonça progressivement dans la vase ce qui le conserva. L'extraction fut complexe car l'épave d'une longueur de 19, 20 m et d'une largeur de 7, 50 m pesait plus de 20 tonnes. Pour procéder à sa conservation, les spécialistes choisirent la lyophilisation utilisée en pharmacie ou en agro-alimentaire (par exemple pour la fabrication du café soluble). Cette technique consiste à utiliser la sublimation, passage direct d'une matière de son état solide à son état vapeur, sans passer par la phase liquide. Pour cela la totalité a du être congelé pour solidifier l'eau imbibant le bois de l'épave, puis, après une mise sous vide atmosphérique, il fallut éliminer la vapeur d'eau au fur et à mesure de sa production. Cette technique était une première mondiale pour une pièce de ce volume.

Les analyses ont montré que plusieurs espèces de bois ont été utilisées pour la construction de ce bateau : la quille a été fabriquée en bois de cyprès, bois dur et résistant, l'étrave en pin parasol et le revêtement extérieur en pin d'Alep, bois de qualité moins noble.

Étrave d'un bateau

Lors des travaux de la place Jules Verne, l'étrave d'un bateau de commerce d'époque romaine datant du début du IIIe siècle a été découverte. Elle est exposée à l'air libre.

Reconstitution d'un bateau de commerce

Reconstitution de la construction d'un bateau romain de commerce

Réalisée en grandeur nature, la construction d'un bateau de commerce romain est présentée. Le mât est représenté au cours de sa mise en place au moyen d'une chèvre. Cette restitution est faite selon l'épave de Laurons (golfe de Fos) seule épave connue ayant gardé son pont. Autour de ce bateau sont présentées les diverses marchandises qu'il aurait pu transporter : amphores pour l'huile, le vin ou le poisson salé, vaisselle, lingots de fer, de plomb, de cuivre et d'étain.

Les fouilles de Marseille

Après la découverte en 1967 des vestiges du port grec de Marseille avec surtout sa muraille hellénistique du IIe siècle av. J. -C. , il fut décider d'en conserver une grande partie in situ ; ils sont visibles au jardin des vestiges du Centre Bourse. Une maquette de ces vestiges orientée dans l'axe d'entrée de la ville d'Est en Ouest donne l'ensemble des indications sur la nature et la datation des différentes parties. Autour de cette maquette sont exposés dans différentes vitrines les objets provenant des diverses fouilles :

Nécropole de Sainte Barbe

La nécropole de Sainte Barbe a été découverte lors des fouilles de sauvetage effectuées en 1991 avant la construction d'un parking. Cette zone se situe entre la porte d'Aix et le centre bourse, à l'ouest de la rue d'Aix et au nord de la Faculté des Sciences Économiques Pierre Puget. Ce site se trouvait primitivement dans un thalweg qui a été progressivement comblé et se situait entre la butte des Carmes et la colline Saint Charles.

Les fouilles ont permis de découvrir 548 tombes antiques dont 532 ont pu être identifiées à savoir :

Cette nécropole a été utilisée sur une longue période depuis la fin du Ve siècle av. J. -C. jusqu'au début du IIIe siècle avec une interruption entre les périodes grecque et romaine allant du milieu du IIe siècle av. J. -C. à l'an -30. Au cours de cette époque de non utilisation, un aqueduc romain a été construit.

La nécropole grecque

Hydrie en pâte claire utilisée comme urne cinéraire dans la tombe 43 - IIe siècle av. J. -C.

La nécropole grecque a utilisé une surface restreinte, à peu près 250 m², localisée au nord de la zone. Les tombes les plus anciennes remontent à la fin du Ve siècle av. J. -C. , et les plus récentes à la fin du IIe siècle av. J. -C. . Les rites funéraires sont du type à incinération pour 29 tombes soit 40% des cas ainsi qu'à inhumation pour les 67 autres.

Le musée a réservé pour cette période un espace avec reconstitution de trois tombes spécifiquement bien conservées :

L'aqueduc romain

Au début du Ier siècle av. J. -C. la zone funéraire a été partiellement détruite par la réalisation d'un aqueduc romain au fond du talweg. Il devait déboucher dans la corne du port et a été abandonné au IIe siècle. Cet ouvrage devait servir de dispositif de drainage et avait certainement pour vocation d'éviter le colmatage de la corne du port grâce au curage régulier des regards de visite où se déposaient les limons. Une maquette présente cet ouvrage.

La nécropole romaine

Cette nécropole s'étendait sur une surface plus vaste que la précédente, soit à peu près 1 500 m² avec 436 tombes dont 141 à incinération soit 32% et 295 à inhumation soit 68%. Les premières tombes datent de l'an -30 et les dernières de la fin du IIe siècle. Les tombes suivantes ont été reconstituées :

Dans plusieurs vitrines sont exposés différents objets trouvés dans les sépultures : balsamaires, lampes à huile etc. L'urne de la tombe 322 est à remarquer car il s'agit du seul réceptacle en terre cuite retrouvé dans un coffret en plomb.

Ateliers de potiers médiévaux

Depuis la fin du Ve siècle av. J. -C. et jusqu'au IIIe siècle la zone localisée entre la butte des Carmes et la colline Saint Charles avait servi de nécropole. Cet espace extra-muros reste ensuite inoccupé pendant plusieurs siècles, puis à la fin du XIIe siècle et en particulier au début du XIIIe siècle, un faubourg se développe avec implantation d'ateliers de potiers. Mais dès le début du XIVe siècle les ateliers sont rasés et le quartier est réoccupé pour peu de temps par des artisans œuvrant le métal et le corail. Puis ce faubourg est rapidement détruit. La création en 1710 de l'Hospice des Incurables avec son jardin préservera une grande partie des vestiges découverts lors des fouilles préventives effectuées en 1991 avant la rénovation de ce quartier.

En décembre 1993 était inaugurée une extension du musée avec une salle réservée aux découvertes de ce chantier avec présentation d'une maquette restituant le faubourg, exposition de cinq moulages des principaux fours mis au jour mais aussi des objets découverts.

Deux phases ont été distinguées dans la création et le développement de cette zone nommée faubourg des Olliers :

Les douze fours découverts dont un en dehors de la zone, étaient conçus pour la cuisson des céramiques ainsi qu'à la préparation des glaçures. Ils démontrent la variété et la spécificité des procédés technologiques des ateliers marseillais.

Le four à barres

Ce four à barres, l'unique de ce type découvert dans cette zone, fait exception. D'un diamètre intérieur de deux mètres à peu près, sa paroi présente des rangées de trous régulièrement répartis conçus pour recevoir des barres de terre cuite de 45 cm de long avec un diamètre de six à sept centimètres maximum. Ces barres forment ainsi des étagères conçues pour supporter les poteries au cours de la cuisson. Ce four a été utilisé dès la création de l'atelier ; il est de type islamique et a été rapidement transformé en four à arceaux en réemployant les barres primitives comme matériaux de construction. Des fours semblables ont été trouvés en Espagne. Des fours à barres existent aujourd'hui en Iran et dans la région de Samarcande.

Une reconstitution axonométrique de ce four est présentée[5].

Les autres fours

À l'exception du four à barres, l'ensemble des fours sont du même type. Ils sont à demi enterrés avec un foyer et une chambre de cuisson scindés par une sole portée par un pilier central. Les matériaux utilisés pour la construction sont en premier lieu l'argile ou la pierre, puis la brique crue à l'intérieur d'une enveloppe de pierres. Cinq moulages de four sont présentés.

La production de céramiques

Les productions de cet atelier sont particulièrement différentes de celles connues au XIIIe siècle en Provence. En effet les céramiques sont de teinte claire car la cuisson est effectuée en atmosphère oxydante tandis que les poteries habituelles sont de couleur grise due à une cuisson réductrice. La poterie est fréquemment revêtue d'une glaçure au plomb, à l'antimoine ou à l'étain. L'argile utilisée était celle du bassin oligocène de Marseille, particulièrement répandue dans la région.

La grande variété des formes produites répond à la demande d'une population urbaine en plein essor, celle du XIIIe siècle. Elle satisfait différents besoins : alimentation en eau (godets de noria, tuyaux de canalisation), éclairage (lampe à huile), stockage de produits alimentaires (jarres, grosses bouteilles) ou divers (pots à pharmacie, trompes d'appel, mortiers, tirelires etc. ).

De l'antiquité tardive à l'an mil

Cette période est illustrée par les présentations suivantes :

Marseille au XVIIe siècle

Dans une salle ouverte en 1994 est présenté un panorama de l'urbanisme de la ville de Marseille au XVIIe siècle.

Les réformes de Colbert

Au début du règne du jeune Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, qui tirait son influence du rôle qu'il a joué comme numéro deux de Mazarin évinça de l'hôtel de ville les consuls issus de la noblesse et les remplaça par des échevins choisis parmi les négociants. Un édit de 1696 permit les anoblissements des négociants.

Dans cette salle sont présentés les différents blasons des personnages ayant joué un grand rôle à Marseille : Guillaume du Vair, Rémuzat, Martin, Andréa, Gaspard Rey, Joseph et Clément Jourdan. Ces blasons étaient positionnés sur les tombeaux qui se trouvaient dans les chapelles des églises ou scellés sur les murs extérieurs de leur hôtel spécifique.

Les grands travaux

Dès 1660, Louis XIV confia à Nicolas de Clerville, commissaire général des fortifications, la construction du fort Saint-Nicolas au sud de l'entrée du vieux port et du fort Saint-Jean au nord.

Colbert désigna Nicolas Arnoul comme intendant pour assurer la construction d'un arsenal des galères. Nicolas Arnoul assura aussi la construction des nouveaux remparts qui multipliaient par trois la surface de la ville. Des maquettes des forts Saint-Jean et Saint-Nicolas mais aussi de la vieille charité sont présentées.

En 1685 Marseille décide d'ériger une statue équestre de Louis XIV avec la création d'une place royale. Pierre Puget dessine un projet grandiose de création d'une vaste place ovale ouverte sur le port. Le projet, trop coûteux, ne sera pas réalisé. Une maquette présente ce projet.

Liens externes

Notes

  1. André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Les éditions de minuit, Paris, 1961, p.  136 
  2. Gérin Ricard, Le mur grec dans Promenades archéologiques, Alex Jouvène, Marseille, 1925, p.  11 à 16 
  3. Michel Bats, Guy Bertucchi, Gaétan Conges et Henri Treziny, Marseille grecque et la Gaule, Etudes massaliètes Numéro 3, Aix-en-Provence, ADAM éditions et université de Provence, 1992, page 147, (ISBN 2-908774-03-8)
  4. Paul Masson, Les compagnies du corail, Fontemoing éditeur, Paris / Marseille, 1908 
  5. voir aussi le projet "Four à barres"

Bibliographie

Recherche sur Amazone (livres) :



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